Conception d'un handbike biosourcé 


 



 

 

 


 

 

 

Radio-CQFD, Jeudi 09.02.2017


Technologie, écologie, handicap et compétition

 

Stéphane Délétroz vous emmène à Aigle, sur la piste du Centre mondial du cyclisme de l'Union cycliste internationale (UCI), pour tester un vélo très particulier. Le biobike est un handbike, un type de vélos souvent utilisé par des paraplégiques, qui répond à un cahier des charges très pointu. Il a été spécialement conçu pour la championne Silke Pan. Reportage en compagnie de Silke Pan, vice-championne du monde de handbike, et Michel Perraudin, président de l’association Biomobile et professeur HES honoraire à la haute

 

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Parfois la vie nous réserve des surprises et nous oblige à donner une direction nouvelle. C’est ce qui m’est arrivé avec l’accident qui m’a rendue paraplégique. A ce moment seule notre compétence humaine, notre volonté et notre capacité à réagir a de l'importance.

Lorsque le Professeur Monsieur Perrraudin m’appelle en 2013 pour me proposer une collaboration sur leur projet révolutionnaire, j’y vois une magnifique possibilité de collaborer au développement durable de cette société, c'est à dire un développement de technologies écologiques qui répondent aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins. Utiliser des matériaux biosourcés qui ne laisseront pas de déchets poluants sur cette terre qui nous nourrit me tient particulièrement à coeur.

Par la fusion des compétences de Hepia - Haute école du paysage, d'ingénierie et d'architecture de Genève, de Biomobile et des miennes, un défi technologique et humain est en train d’être relevé : la création du premier handbike biosourcé ! Pas de matériaux issus d'énergies fossiles, uniquement du végétal comme le bananier, le raphia et la fibre de lin.

Sorti du moule, du four et de son secret ! Le BioBike s'est révélé au monde cycliste le lundi 24 avril 2017 au Centre Mondial du Cyclisme à Aigle à l'occasion du repas de soutien et présentation des équipes du Tour de Romandie.

 

Un design révolutionnaire, une technologie high-tech, des matériaux du futur ! Voilà les quelques mots pour définir ce handbike, le vélo à propulsion à bras, version compétition.

Il a attiré les regards de beaucoup de techniciens du vélo et la critique est unanime : belle bête !
La philosophie du projet initial se retrouve sous les yeux du curieux : biosourcé, avant-gardiste, conçu pour le monde du paracyclisme et non pas bricolé avec des pièces de vélo rapportées et adaptées sur 3 tubes d’aluminium en travers. C’est un véritable travail de laboratoire, de recherches, de calculs, de projections 3D sur ordinateurs, un travail de titan !

 Je suis fière d'être la pilote d'essai de ce bijou. Fière que l'on ait consacré pareil temps aux diverses causes que l'on retrouve sur ce bike : une approche respectueuse de l'environnement ; centré sur le sport handicap, un parent pauvre mais si vivant et important pour de nombreuses personnes dont moi ; technologique de pointe, de l'électronique au Bluetooth, bio-mécanique. Bref, notre monde actuel !

 

L'objet est sorti de son cocon. Chrysalide cachée pendant plus de 2 ans dans le laboratoire BioMobile, il a vu le jour et désormais va pouvoir déployer ses ailes, pardon ses roues sur les routes suisses et je l'espère bientôt sur des parcours de compétitions handbike.
Son cadre "Furcula", le nom de l'os si particulier de la cage thoracique des oiseaux se distinguera dans tout peloton sportif. La première particularité fondamentale qui attirera le regard de tout athlète aligné sur une ligne de départ. Une ligne fine mais une rigidité de cadre donnée par cette forme nouvelle dans ce sport.

Michel Perraudin, Eric Vittecoq et toute l'équipe reçoit ici mon profond remerciement pour la sortie, la naissance de BioBike.

 

Maintenant il doit encore grandir, s'affiner, maigrir un peu, faire ses preuves, montrer et démontrer que la réalité dépasse la théorie.
2017 sera son année de naissance, BioBike est jeune, notre volonté est désormais de l'amener à devenir un produit majeur, acquérir une reconnaissance dans le monde du paracyclisme et briller le plus souvent possible sur des podiums internationaux.

La compétition est rude, mais ma mission est belle ! Merci à Tous ! 




Professeur Michel Perraudin, association Biomobile raconte: 

"Il y a quelques mois, un hebdomadaire publiait un reportage dédié à Silke Pan, cette dernière n’étant alors pour moi, nonobstant son prestigieux pedigree, qu’une « inconnue »….

On y présentait son parcours, son accident, son handicap et surtout, sa reconversion dans le domaine de la compétition de handbike. Ce reportage était illustré par plusieurs photos, dont une m’a particulièrement frappé. Elle montrait Silke, souriante, rayonnante, dégageant un feu intérieur largement perceptible, aux « commandes » de son handbike de compétition. Ce « vélo », un peu particulier puisqu’il possède trois roues, est issu du commerce, il est réalisé en « banal » aluminium, sa conception manque d’inspiration; bref, il y avait un monde entre Silke et sa monture. Et de conclure : offrons à Silke un « vélo » à sa hauteur : très performant, innovant dans sa géométrie, utilisant des matériaux correspondant mieux à l’esprit de la durabilité.

Ceci me semblait d’autant plus facilement « jouable » que tous les ingrédients étaient sous la main :

    Silke, qui démontre au gré des compétitions, ses performances et sa force de caractère, qualités indispensables pour mener cet engin à la victoire.

    Hepia, qui au travers d’une tradition largement marquée par la recherche et le développement industriel, rassemble les compétences et dispose des ressources humaines nécessaires à la conception d’un handbike sortant des chemins battus.

    Biomobile, qui possède le savoir nécessaire pour donner une forte connotation « durable » au « biobike », apportant une plus-value et une originalité certaines au projet.


La « sauce » a rapidement pris, l’imbrication des composantes tant humaines que techniques du projet transcendant les motivations des partenaires.

Au fil des mois, il se confirme que le challenge est difficile, des écueils se présentent à chaque contour, mais il se confirme aussi que ce projet est réalisable et constitue une grande aventure, qui s’imposera en tant que ligne de ralliement et qui permettra aux étudiants, ingénieurs et chercheurs d’Hepia, d’écrire une des belles pages de leur école. "